Puy de Marmant, puits de richesses
Dans le cadre de la Fête de la nature, la municipalité organisait dimanche 22 mai un évènement s’inscrivant en parallèle dans son Atlas de la Biodiversité Communale en cours de réalisation.
Pour cette occasion une balade découverte de la faune et de la flore était proposée sur le Puy de Marmant, Réserve Naturelle Régionale dont la gestion est assurée par la commune en collaboration avec le Conservatoire d’espaces naturels Auvergne. La trentaine de participants a ainsi déambulé sur les coteaux xérothermiques du puy, guidés par Guy et Thibault Brugerolle, habitants de la commune et naturalistes éclairés.
En préambule, Guy Brugerolle a rappelé que le Puy de Marmant est le reste, laissé par l’érosion, d’un volcan phréato-magmatique qui a traversé les marnes de Limagne il y a – 24 Millions d’années. Les roches dominantes sont une pépérite (mélange de basalte et de marne) et du basalte qui ont donné un sol peu fertile, pauvre en humus et très sec du fait de la pente et de l’exposition au sud de ce coteau.
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Des plantes xérophiles typiques
Les plantes qui poussent sur ce sol sont adaptées au climat sec et ensoleillé et à la sécheresse de l’été, ce sont des plantes xéro-thermophiles. Certaines se rencontrent sous le climat méditerranéen plus au sud telles que l’Astragale de Montpellier ou l’Hélianthème des Apennins.
Ces adaptations consistent à limiter l’évaporation : réduction de la taille, pilosité, cuticule, aiguillons, répartition des stomates en faible nombre qui se ferment pour limiter l’évapo-transpiration, tiges renflées de sucs contenant 90% d’eau, système racinaire très étendu en surface et en profondeur pour rechercher l’eau. Ces plantes peuvent se reproduire pendant une courte période puis perdre leurs feuilles en été. Quelques exemples d’adaptations de plantes xéro-thermophiles :
- des mousses qui perdent 90% d’eau et se réhydratent en quelques minutes (reviviscence),
- la Capillaire des murailles (Asplenium trichomanes, Fougère) qui résiste à la dessiccation,
- des Crassulacées (Orpin=Sedum) qui survivent dans les milieux secs ; elles ouvrent leurs stomates la nuit et les ferment le jour ; elles ont un métabolisme particulier : le CO2 est capté la nuit puis transformé en acides organiques utilisés le jour.
A noter que certaines plantes sont protégées au niveau national telle que l’Epilobe à feuilles de romarin.

Hélianthème des Apennins 
Sauge des prés (non xérophile) 
Inule des montagnes 
Astragale de Montpellier 
Chèvrefeuille d’Etrurie 
Fumana couché avec tiges rampantes 
Orobanche 

Orchis bouc 
Panicaut piquant 
Hippocrépide à toupet 

Liseron des Cantabriques ou de Biscaye 
Orpin blanc (ou sedum à feuilles rouges) sur basalte
La déambulation a conduit les participants sur le versant sud du cheminement permettant de faire le tour du puy avant de monter jusqu’à son sommet. Chacun a ainsi pu (re)découvrir les milieux très différents présents sur le site selon les versants et également des points de vue variés sur la commune et les environs.

Coteau ouest 

Coteau sud 

Vue nord-est 

Pins sylvestres et pins noirs du Sommet nord 

Vue sur le puy de Tobize 
Vue ouest 
Xanthorie des murailles 
Une faune variée et adaptée
Les animaux présents sur le site sont ceux qui nichent ou se nourrissent des plantes ou insectes du Puy. Parmi eux on retrouve :
- Les lapins (nombreux terriers) et les renards qui les chassent ;
- La fouine, la martre, le blaireau, les petits rongeurs ;
- Les oiseaux tels que le Rossignol philomèle qui niche dans la fruticée (buissons de prunelliers et de cornouillers) ou encore la Huppe fasciée et le Petit Duc.
- Les reptiles comme le lézard à 2 raies, l’orvet, la couleuvre coronelle, la vipère aspic…
- Les escargots nombreux tels que le Bulime zébré (spirale étirée et tachée) et l’Helicelle trompette…
- Les insectes : les papillons (Azuré bleu céleste, Silène, Grand nègre des bois, Mégère, Amaryllis, Demi-deuil, Zigènes etc ; les cigales : Cigale rouge et Cicadelle de Petry ; les criquets : l’Oedipode rouge, les Caloptènes et le Criquet des garrigues ; les sauterelles telle la Decticelle chagrinée (homochromie) ; les abeilles solitaires qui forent un terrier dans le sol pour s’y reproduire.

Azuré bleu céleste 
Sphinx de l’euphorbe 
Sauterelle 
La Trichie du rosier 
Tarier pâtre mâle 

Argus bleu 
Milan Noir 
Machaon
La matinée s’est achevée autour d’une collation offerte par la municipalité où étaient notamment proposés des produits locaux issus de la conserverie CLAC et du domaine de La Tour de Pierre. Les plus curieux, soucieux de parfaire leur connaissance du site, ont pu faire l’acquisition du fascicule « Puy de Marmant, un musée de la nature », édité et distribué par l’association Sites et Patrimoines.
Ouvrage disponible à Veyre-Monton auprès de Guy Brugerolle, 13 avenue de la Monne (mail : guy.brugerolle@wanadoo.fr) ou de Jacques Plyer, 8 Impasse de la Noyeraie (mail : jacques.plyer@wanadoo.fr)
Pour compléter la découverte du puy de Marmant, retrouvez ci-dessous un reportage réalisé par France 3 Auvergne en 2018.
Crédits photos : Evan Vivier ; Philippe Vallienne ; Commune de Veyre-Monton
Plus d’infos : relations-ext@mairie-veyremonton.com






Avec le soutien financier de France Relance et de l’Office français de la biodiversité









